VOL et TENTATIVE d'ASSASSINAT au CHÂTEAU de VAUZELLES

Un récit relaté par un témoin de faits divers à l'époque Révolutionnaire et publié dans la Gazette de l'époque, fait froid dans le dos, il décrit ce qui s'est passé lors d'une nuit dans le château de VAUZELLES-lès-AUBONCOURT(1).

La nuit du 20 au 21 Juillet 1792, une horde de scélérats a pénétré vers minuit et demi dans un château du district de RETHEL, situé à deux lieues
(2) de cette ville et à six de MÉZIÈRES et connu sous le nom du château de BELLEVUE.
Il appartient à Roland LUDINARD, ci-devant trésorier de France, actuellement maire de sa municipalité et électeur du Département.
Ces brigands ont eu l'art d'endormir les chiens de la basse-cour, ont fracturé sourdement une fenêtre de la cuisine, sont parvenus par cette voie, dans l'intérieur des bâtiments et appartements et y ont dérobé pour plus de 10 000 livres, dont 6 300 en assignats de 70 livres la plupart ; 6 couverts d'argent marqués P.LUDINARD ; deux montres d'or ; 230 livres en espèces sonnantes ; deux paires de boucles à souliers et une à jarretières, le tout d'argent ; un fusil à deux coups et un autre simple, ainsi qu'une quantité de fins linges, soieries, etc., marqués R.L. . Les brigands étaient au nombre de sept ; quatre s'étaient mis en vedette
(3) dans les alentours du château ; les trois autres sont entrés d'abord dans une chambre basse où dormait profondément la dame de la maison, ont tiré les rideaux de son lit, lui ont lié les mains avec des cordes qu'ils avaient en poche ; enfin ils lui ont mis un sabre sur la gorge et un couteau de boucher sur le sein, en lui demandant son argent ou la vie. Ils auraient effrayé en plein jour, même les plus intrépides : leur visage était tout barbouillé d'huile et de noir de fumée et leurs manches étaient retroussées jusqu'aux coudes. La dame LUDINARD leur dit en frémissant qu'elle n'avait pas d'argent, mais qu'elle allait les conduire à son mari, qu'il leur donnerait tout ; qu'elle les priait seulement de lui laisser la vie. Les scélérats suivant la dame dans l'appartement où reposait son mari, s'élancent sur son lit, lui mettant le sabre sur la gorge et sur le cœur, le terrible couteau, avec aussi une baïonnette au bout d'un fusil de munition : " ton argent B… ou la vie " ont-ils dit brusquement. En un mot, ils ont brisé les serrures des secrétaires, des commodes, des armoires et ont ravi sous les yeux des propriétaires tout ce qu'ils ont voulu. Ils ne leur auraient rien laissé, pas même la vie, si par le plus grand des hasards, le ciel, je crois, ne fut venu au secours des malheureux qui, allaient infailliblement devenir les victimes de leur rage. En effet, le jardinier et la cuisinière du château, éveillés par le tumulte, avaient trouvé moyen de s'évader et s'étaient sauvés en chemise et nus pieds à AUBONCOURT, éloigné d'un demi quart de lieue. Aussitôt, le tocsin sonne l'alarme, tout est sur pied, et les scélérats allaient être pris en flagrant délit, si l'un de ceux du dehors ne fut accouru pour faire signe à ceux du dedans de prendre vite la fuite. C'est ainsi qu'ils ont disparu tous avec leur vol, sans que l'on sache encore de quel côté, ils ont dirigé leurs pas.

Source : Annuaire RETHÉLOIS de l'Arrdt de 1902, page 284
(1) AUBONCOURT- VAUZELLES, écart de VAUZELLES, château détruit lors des combats du 30 Aout 1914.
(2) Une lieue, environ 4km.
(3) En surveillance.


 

 

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